Tuesday, 27 March 2012

L’influence de la Préface à César sur la littérature alchimique de la fin du XVIIe siècle et du début du siècle suivant

 

42 - L’influence de la Préface à César sur la littérature alchimique de la fin du XVIIe siècle et du début du siècle suivant

Par Jacques Halbronn

A la fin du XVIIe siècle, le genre épistolaire campant un père s’adressant à son fils allait s’enrichir d’un nouveau fleuron, voué à une assez jolie carrière. A la lettre de Nostradamus à son fils César allait faire pendant une lettre d’Aristée à son fils dont on peut penser qu’elle fut inspirée par la première. Il semble que ce soit la première qu’un tel paralléle ait été proposé. Hutin n’évoque pas ce point dans son Nostradamus et l’Alchimie. En ce sens, les multiples éditions de cette (pseudo) Lettre d’Aristée font partie intégrante du champ nostradamique..

Dans un premier temps, nous comparerons les textes et dans un second temps nous aborderons certains problémes de chronologie bibliographique.

I Le texte de 1686

En 1686, parut, sous un anagramme Dives sicut ardens, un ouvrage d’ Alexandre Toussaint de Limojon, Sieur de Saint-Didier [1630-]. la Lettre d'un philosophe, sur le secret du grand oeuvre. Ecrite au sujet des instructions qu'Aristée à laissées à son fils, touchant le magistere philosophique.. Paris: chez Laurent d'Houry, 1686

La Lettre est articulée autour de 50 paragraphes dument numérotés. Nous l’avons fait suivre pour nos lecteurs anglophones de deux traductions anglaises.

1. Mon Fils, après t'avoir donné la connoissance de toutes choses, & t'avoir apris comment tu dois vivre, & de quelle manière tu dois régler ta conduite par les maximes d'une excellente Philosophie;

2. Aprés t'avoir instruit aussi de tout ce qui regarde l'ordre & la nature de la Monarchie de l'Univers;

3 Il ne me reste autre chose à te communiquer, que les clefs de la nature, que j'ay jusques icy conservées avec un tres grand soin..
4. Entre toutes ces clefs, celle qui ouvre le lieu fermé tient sans difficulté le premier rang ; elle est la source généralement de toutes choses, & l'on ne doute point que Dieu ne luy ait particulièrement donné une propriété toute Divine.
5. Lors qu'on est en possession de cette clef, les richesses deviennent méprisables ; d'autant qu'il n'y a point de Tresor, qui puisse luy estre comparé.

6. En effet dequoy servent les richesses, lors qu'on est sujet à estre affligé des infirmitez humaines ? à quoy sont bons les tresors, lors qu'on se voit terrassé par la mort ?

7. Il n'y a point de richesses qu'il ne faille abandonner, lors que la mort se saisit de nous ;

8. Il n'en est pas de même, quand je possede cette clef ; car pour lors je vois la mort loin de moy, & je suis asseuré que j'ay en mon pouvoir un secret qui m'ôte toute sorte de crainte.
9. J'ay les richesses à commandement, & je ne manque point de Tresor; la langueur suit devant moy, & je retarde les approches de la mort, lors que je possede la clef d'or.

10. C'est de cette clef, mon Fils, que je veux te faire mon héritier ; mais je te conjure par le nom de Dieu, & par le lieu Saint qu'il habite, de la tenir enfermée dans le cabinet de ton cœur, & sous le sceau du silence.

11. Si tu sçay t'en servir, elle te comblera de biens, & lors que tu seras vieux ou malade, elle te rajeunira, te soulagera, & te guérira:

12. Car elle a la vertu particulière de guérir toutes les maladies, d'illustrer les métaux, & de rendre heureux ceux qui la possedent.
13. C'est cette clef que nos Peres nous ont si fort recommandée sous le lien du serment.

14. Apprend donc à la connoître, & ne cesse point de faire du bien au pauvre, & à l'orphelin, & que c'en soit-là le sceau & le véritable caractere.

15. Tous les estres qui sont sous le Ciel divisez en especes différentes, tirent leur origine d'un même principe, & c'est à l'air qu'ils doivent tous leur naissance, comme à leur principe commun.

16. La nourriture de chaque chose sait voir quel est son principe ; puisque ce qui soutient la vie, est cela même qui donne l'estre.

17. Le poisson joüit de l'eau, & l'enfant tette sa mere : l'arbre ne produit aucun fruit lorsque son tronc n'a plus d'humidité.
18. On connoist par la vie le principe des choses, la vie des choses est l'air, & par consequent l'air est leur principe.

19. C'est pour cela que l'air corrompt toutes choses, & comme il leur donne la vie, il la leur ôte aussi de même.

20. Les bois, le fer, les pierres prennent fin par le feu, & enfin toutes choses sont reduites en leur premier estat.

21. Mais telle qu'est la Cause de la corruption, telle l'est aussi de la generation.

22. Quand par diverses corruptions il arrive enfin que les creatures souffrent, soit par le temps ou par le defaut du sort, l'air leur survenant les guerit aussi tost, soit imparfaites, ou languissantes.

23. La terre, l'arbre, & l'herbe languissant par l'ardeur de trop de secheresse, mais toutes choses sont reparées par la rosée de l'air.
24. Toutefois Comme nulle creature ne peut estre reparée & rétablie qu'en sa propre nature, l'air estant la fontaine & 1a source originelle de toutes choses, il en est aussi pareillement la source universelle.

25. On voit manifestement que la semence, la vie, la mort, la maladie & le remede de toutes choses sont dans l'air.

26. La nature y a mis tous ses tresors, & les y tient renfermez comme sous des portes particulieres & secrettes.

27. Mais c'est posseder la clef d'or, que de sçavoir ouvrir ces portes, & puiser l'air de l'air.

28. Car si l'on ignore comment il faut puiser cet air, il est impossible d'acquerir ce qui guérit généralement toutes les maladies, & qui redonne la vie aux hommes .
29. Si tu desires donc de chasser toutes les infirmitez, il saut que tu en cherche le moyen dans la source générale.

30. La nature ne produit le semblable, que par le semblable, & il n'y a que ce qui est conforme à la nature qui peut faire du bien à la nature.

31. Apprends donc, mon Fils, à prendre l'air ; apprends à conserver la Clef de la nature.

32. les Creatures peuvent bien connoistre l'air; mais pour prendre l'air, il faut avoir la clef de la nature.

33. C'est véritablement un secret qui passe la portée de l'esprit de l'homme, sçavoir tirer de l'air, l'Arcane Celeste.

34. C'est un grand secret de comprendre la vertu que la nature a imprimée aux choses. Car les natures se prennent par des natures semblables.

35 Un poisson se prend avec un poisson; un oiseau avec un oiseau ;& l'air se prend avec un autre air, comme avec une douce amorce.
36. La neige & la glace sont un air que le froid a congelé, la nature leur a donné la disposition qu'il faut pour prendre l'air.

37. Mets une de ces deux choses dans un vase fermé. Prends l'air qui se congele à l'entour pendant un temps chaud, recevant ce qui distille dans un vaisseau profond, étroit, épais, sort & net, afin que tu puisses faire comme il te plaira, ou les rayons du Soleil, ou de la Lune.

38. Lors que tu en auras rempli un vase, bouche le bien, de peur que cette celeste éteincelle, qui s'y est concentrée, ne s'envole dans l'air.

39. Emplis de cette liqueur autant de vases que tu voudras ; écoute ensuite ce que tu en dois faire, & garde le silence.
40. Bâtis un fourneau, places y un petit vase moitié plein de l'air que tu as pris, & scelle le exactement.

41. Allume ensuite ton feu, en sorte que la plus legere partie de la fumée monte souvent en haut, & que la nature fasse ce que fait continuellement le feu central au milieu de la terre, où il agite les vapeurs de l'air, par une circulation qui ne cesse jamais.

42. Il faut que ce feu soit leger, doux & humide, semblable à celuy d'un oiseau qui couve ses oeufs.

43. Tu dois continuer le feu de cette sorte, & l'entretenir en cet état, afin qu'il ne brûle pas ; mais plûtost qu'il cuise ce fruit aérien, jusques à ce qu'après avoir esté agité de mouvement pendant un long-temps, il demeure entierement cuit au fond du vaisseau.

44. Ajoute en suite à cet air un nouvel air, non en grande quantité; mais autant qu'il luy en faut.
45. Fais en sorte qu'il se liquefie doucement, qu'il se pourrisse, qu'il noircisse, qu'il durcisse, qu'il s'unisse, qu'il se fixe, & qu'il rougisse.

46. Ensuite la partie pure estant séparée de l'impure, pat le moyen du feu, & par un artifice tout divin.

47. Puis tu prendras une partie pure d'air crud, que tu méleras avec la partie pure qui a esté durcie.

48. Tu auras soin que le tout se dissolve & s'unifie, qu'il devienne médiocrement noir, blanc, dur, & enfin parfaitement rouge.

49. C'est icy la fin de l'Oeuvre, & tu as fait cet elixir qui produit toutes les merveilles que tu as vues

50. Et tu possedes par ce moyen la clef d'or, l'or potable, la médecine universelle, & un tresor inépuisable.

FIN


Traduction anglaise par A. E Waite en 1893 (Ruland Lexicon of Alchemy)


»My son, after having imparted to thee a knowledge of all things, and after having taught thee how to live, after what manner to regulate thy conduct by the maxims of a most excellent wisdom, and after having also enlightened thee in that which concerns the order and the nature of the monarchy of the universe, it only remains for me to communicate those Keys of Nature which hitherto I have so carefully held back.

Among all these Keys, that which is most closely allied to the highest spirits of the universe deserves to take the first rank, and there is no one who questions that it is very specially endowed with an altogether divine property. When one is in possession of this Key, the rich become miserable in our eyes, inasmuch as there is no treasure which can possibly be compared to it. In effect, what is the use of wealth, when one is liable to be afflicted with human infirmities? Where is the advantage of treasures, when death is about to destroy us? There is no earthly abundance which we are not bound to abandon upon the threshold of the tomb. But it is no longer thus when I am possessed of this Key, for then I behold death from afar, and I am convinced that I have within my hands a secret which extinguishes all fear of misfortunes in this life. Wealth is ever at my command, and I no longer want for treasures; weakness flees away from me; and I can ward off the approach of the destroyer while I own this Golden Key of the Grand Work.

My son, it is of this Key that I propose to make thee the inheritor; but I conjure thee, by the name of God, and by the Holy Place wherein He dwelleth, to lock it up in the cabinet of thy heart, under the seal of silence. If thou knowest how to make use of it, it will overwhelm thee with good things, and when thou shalt be old or ill, it will rejuvenate, console, and cure thee; for it has the special virtue of curing all diseases, of transfigurating metals, and of making happy those who possess it. It is that Key to which our fathers have often exhorted us under the bond of an inviolable oath. Learn, then, to know it, cease not to do good to the poor, to the widow, to the orphan, and learn its seal of me, and its true character.

Know that all beings which are under heaven, each after its own kind, derives origin from the same principle, and it is, as a fact, unto Air that all owe their birth as to a common principle. The nourishment of each existence makes evident the nature of its principle, for that which sustains the life is that which gives the being. The fish joys in the water; the child sucks from its mother. The tree no longer bears fruit when its trunk is deprived of humidity. It is by the life that we discern the principle of things; the life of things is the Air, and by consequence Air is their principle. It is for this reason that Air corrupts all things, and even as it gives life, so also it takes it away. Wood, iron, stones, are consumed by fire, and fire cannot subsist but by Air. Now, that which is the cause of corruption is also the cause of generation. When, by reason of divers corruptions, it comes to pass that creatures fall sick and do suffer, either through length of days or by mischance, the Air coming to their succour cures them, whether they be imperfect or languishing. The earth, the tree, the herb languish under the heat of excessive drought; but all things are recuperated by the dew of the Air. But, nevertheless, as no creature can be restored and re-established except by its own nature, Air being the fountain and original source of all things, it is in like manner the universal source. It is manifestly certain that the seed, the death, the sickness, and the remedy of all things are all alike in the Air. There has Nature stored up all her treasures, establishing therein the principles of the generation and corruption of all things, and concealing them as behind special and secret doors. To know how to open these doors with sufficient facility so as to draw upon the radical Air of the Air, is to possess in truth the golden Keys, and to be in ignorance thereof precludes all possibility of acquiring that which cures all maladies and recreates or preserves the life of men.

If thou desirest then, O my Son, to chase away all thine infirmities, thou must seek the means in the primal and universal source. Nature produces like from like alone, and that only which is in correspondence or conformity with Nature can effect good to her. Learn then, my Son, to make use of Air, learn to conserve the Key of Nature. It is truly a secret which transcends the possibilities of the vulgar man, but not those of the sage, this knowledge of the Extraction of Air, the Celestial Aerial Substance, from Air; for Air may be familiar to all beings, but he who would truly avail himself thereof must possess the secret Key of Nature.

It is a great secret to understand the virtue which Nature has imprinted in substances. For natures are attracted by their like; a fish is attracted by a fish - a bird by a bird - and air by another air, as with a gentle allurement. Snow and ice are an air that has been congealed by cold; Nature has endowed them with the qualities which are requisite to attract air.

Place thou, therefore, one of these two things in an earthen or metallic vessel, well closed, well sealed, and take thou the Air which congeals round this vessel when it is warm. Receive that which is distilled in a deep vessel with a narrow neck, neat and strong, so that thou canst use it at thy pleasure, and adapt to the rays of the Sun and Moon - that is, Silver and Gold. When thou hast filled a vessel cork it well, so that the heavenly scintillation concentrated therein shall not escape into the air. Fill as many vases as thou wilt with liquid; then hearken to thy next task, and keep silent. Build a furnace, place a small vessel therein, half full of the Liquid Air which thou hast collected ; seal and lute the said vessel effectually. Light thy fire in such a manner that the thinner portion of the smoke may rise frequently above. Thus shall Nature perform that which is continually accomplished by the central fire in the bowels of the earth, where it agitates the vapours of the air by an unceasing circulation. The fire must be light, mild, and moist, like that of a hen brooding over her eggs, and it must be sustained in such a manner that it will cook without burning the aerial fruits, which, having been for a long time agitated by a movement, shall rest at the bottom of the vessel in a state of perfect coction.

Add next unto this Cocted Air a fresh air, not in great quantity, but as much as may be necessary; that is to say, a little less than on the first occasion. Continue this process until there shall be no more than half a bowl of Liquid Air uncooked. Proceed in such wise that the cooked portion shall gently liquefy by fermentation in a warm dunghill, and shall in like manner blacken, harden, amalgamate, become fixed, and grow red. Finally, the pure part being separated from the impure by means of a legitimate fire, and by a wholly divine artifice, thou shalt take one part of pure crude Air and one part of pure hardened Air, taking care that the whole is dissolved and united together till it becomes moderately black, more white, and finally perfectly red. Here is the end of the work, and then hast thou composed that elixir which produces all the wonders that our Sages aforetime have with reason held so precious; and thou dost possess in this wise the Golden Key of the most inestimable secret of Nature - the true Potable Gold and the Universal Medicine. I bequeathe unto thee a small sample, the quality and virtues of which are attested by the perfect health which I enjoy, being aged over one hundred and eight years.

Do thou work, and thou shalt achieve as I have done. So be it in the name and by the power of the great Architect of the Aniverse. Such skilful artists of the Great Work as have pondered deeply on the principles confided to the son of Aristeus, have concluded that it would be no vain operation to make an Amalgam with the veritable Balm of Mercury, and this is the way in which they claim to produce this Balm :-
Take one pound of the best Mercury that can be obtained; purge it three times through a skin, and once by calcined Montpellier Tartar. Place it in a glass horn, which shall be strong enough to resist a fierce heat. With it combine Vitriol, Salt of Nitre, Rock Alum, and eight ounces of good Spirit of Wine. Having hermetically sealed the horn, so that nothing can evaporate, place it for digestion in a warm dung-hill during a space of fifteen days. At the end of this time the composition will be transformed into a phlegmatic grease; it must then be exposed to a sand fire, and the fire must be raised gradually to an extreme point, till a white, milky humour exudes from the substance and falls into the recipient. Let it then be replaced in the horn to be rectified, and for the consumption of the phlegm. This second distillation will cause a sweet, white oil to exude; this oil will be devoid of corrosive qualities; it will surpass all other metallic oils in excellence; and there is no doubt that, combined with the Elixir of Aristeus, it will be possible to perform such marvels as might be expected from so admirable an experiment.

Autre traduction anglaise par John O’Brien, in manuscrit de la British Library MS. Sloane 3640, respectant la division en 50 segments.

The Words of Father Aristeus to his Son
done out of the Scythian character and
language into Latin Rhyme.
1 The Knowledge of all things being now explained to you
And the way of living and of
Governing with the best Philosophy.
2 And the true Monarchy of the World being delivered:
3 There only remains to me the Keys of Nature,
which hitherto, my Son, I have taken care of.
4 Of these, the golden Key has the precedence
of all the rest which opens what is shut up.
It is the fountain of the Work of Universality,
Wherein is said to be the great Gift of the Divinity.
5 Riches grow vile, when this is in possession,
no treasure ever is compared with this.
6 What are Riches to me, if sickness be a companion?
What will Riches profit me, if I'm oppressed with Death?
7 Snatched away by Death, I leave my Treasures.
8 While I hold my Key, Death will be afar off.
While I possess the Key, I have the Secret.
While I have the Secret, I fear no fear [danger].
9 Riches are at hand, treasures are not wanting
Sickness flies away, Death is tardy, having got the Key.
10 Now, my Son, I'll make you the heir of it.
But I conjure you by God [and] his holy Seat,
That you keep it closed up near the Cabinet of your heart,
And concealed with the seal of Silence.
11 If you use it, it will greatly enrich you
If you shall be old or sick, it will heal, ease, renew.
12 By its own Power it cures all sicknesses,
It illuminates metals, it blesses [its] possessors.
13 This is it which our forefathers have sworn unto
And which they have recommended under the obligation of art.
14 Therefore learn it: do always good unto
The indigent Pupil; let this be for a Seal.
15 All things which are beneath the heavens distinguished into several.
Are made out of one Principle,
All things came out of one Principle,
They made all things out of the River [the emanations] of the [...]
16 All nourishments bear witness of their Fountain,
Since things live by that by which they are nourished.
17 The fish enjoys the Water, the Infant sucks the Mother
Let the tree want moisture, [and] the fruit of the wood flies away.
18 By the Life the beginning of things is known,
The Life of things is Air, therefore the beginning of things.
19 Moreover the Air corrupts all Bodies:
That which gives the gift of Life, destroys life also.
20 Wood, Iron, Stones are dissolved by Fire
And all things are reduced into their first State.
21 But the same is the cause of generation
Which (how different is it?) is of Corruption.
22 At last when it happens that Creatures suffer
Either by some [long] Time, or by the defect of Fate.
The Air relieves them, they are healed by Air,
Whether they be imperfect, or rendered infirm.
23 The Earth, a Tree, an Herb languish with ardent heat.
Each are amended by the Dew of the Air.
24 Yet since no creature can be repaired
But in its own Nature
Since Air is the original fountain of all
Consequently, it is also the universal Fountain.
25 In this itself the Seed, the Life, the Death,
The lanquishing, the remedy, of all things are acknowledge to be plucked.
26 Nature also has included all Treasures
In this, and shut it in its proper Doors [enclosure].
27 It is the golden Key to know how to open
The Doors and to draw Air from Air.
28 For it being unknown how the Air is fished,
It is impossible it should be gotten,
That which cures particular and universal diseases,
And calls also Mortals back to Life.
29 For you must seek out the common Fountain
If you desire thoroughly to heal all diseases
30 Nature produces like from like.
Nature leads forth Nature out of Nature.
31 Learn therefore, my Son, to catch Air,
Learn to keep the golden Key of Nature.
32 The Creatures may know the Air
But how to catch Air, is the Key of Nature.
33 This is a great Secret and more than Human,
To take the heavenly Secret from the Air.
34 This is a great Secret, the inbred power of things.
Natures are captivated by their own Species.
35 A fish is caught by a Fish, and a Bird by a Bird,
The Air is also taken by a sweet Air.
36 Snow and Ice are Air which cold has congealed.
These nature has prepared to catch the Air [again].
37 Put one of these into a sealed Vessel,
And you will catch the Air congealed about [it].
Receive this distilling in another deep little Vessel.
Close shut up, thick, strong, clean,
In a hot time that you may make
The Rays of the Sun, or the Lunar.
38 When the Vessel shall be full, seal up the mouth well
least the heavenly Spark fly away into the [open] Air.
39 Fill as many Vessels as you would fill,
what you shall do afterwards, learn and be silent.
40 Build a small furnace, fit your vessel
Half full of Air [which you have] catched, seal it up.
41 Then kindle a fire, let the pure lighter part of the
Fume ascend often; as Nature does,
Which always maintains a fire in the middle of the Earth.
By which she moves the Vapours of the Air by always circular.
42 Let its fire be gentle and moist, sweet
Like [that] wherewith a sitting Bird hatches Eggs.
43 Which keeping always so made
That it burn not, but bake [or boil] the golden Fruit;
Until for a long time being agitated by motion,
It rest baked in the Bottom of the Vessel.
44 To this Air add fresh Air
Not too much but a convenient part.
45 Make it gently flow, putrefy, grow black,
Grow hard, grow together into one, and being fixed become red.
46 Then the impure part being divided from the pure
By the assistance of fire and by divine Art;
47 At length take one part of pure Air
With which join again the pure hard part.
48 Let them be dissolved, joined, slightly grow black,
Be made white, be hardened, and at last become red.
49 This is the end of the Work; you have made the Elixir
Making all the miracles which you have seen.
50 You have the golden Key, potable Gold,
The Medicine of all things and perpetual Treasure.

II Problémes de chronologie

On trouve ce même texte dans un ouvrage qui connaitra une large diffusion à savoir le Petit Albert. (cf Le Grand et le Petit Albert, Ed. P. Belfond 1982 préface de Bernard Husson pp. 65-66 et texte pp. 350 et seq) Or il semble que les premières éditions du Petit Albert soient parues avant 1686, date de l’ouvrage de Limojon de Saint Didier, dans les années 1650-1660 chez Beringos à Lyon. Dans ce cas Limojon aurait emprunté au Petit Albert et non l’inverse si l’on s’en tenait aux éditions du Petit Albert du début du XVIIIe siècle comme ces Secrets merveilleux de la Magie Naturelle & Cabalistique du Petit Albert traduit exactement sur l'original latin, intitulé Alberti ParVI LUCII, Libellus de mirabilibus Naturae Arcanis. Enrichi de Figures mistérieuses & la manière de les faire, nouvelle édition Revue et augmentée (édition de 1729 chez les Héritiers de Beringos Fraires à Lyon).

Toutefois il convient de noter que le texte de Limojon de Saint Didier est bilingue, le français étant censé être traduit du latin qui est placé en vis-à-vis. Notons que la Préface à César est truffée de passages en latin.

Notons que dans le petit Albert – non divisé en 50 paragraphes numérotés, le texte de la Lettre est plus long : -il se poursuit ainsi :

  • « Je t’en laisse un petit échantillon dont la bonté te sera prouvée par la parfaite santé dont je jouis, étant âgé de plus de cent huit ans. Travaille et tu seras aussi heureux que je l’ai été, ainsi que je le souhaite, au nom et par la puissance du Grand Architecte de l’Univers »
  • Ces quelques lignes pourraient militer en faveur de l’antériorité du Petit Albert sans que cela résolve la question de l’auteur de la dite Lettre. En effet cela donne une fin moins abrupte que dans la version de Limojon et renforce d’ailleurs quelque peu la similitude avec l’Epître à César Nostradamus dont les dernières lignes sont « Priant Dieu immortel qu’il te veuille prester une longue et bonne et prospère félicité ».
  • On notera qu’en français le tutoiement confère à ce texte un statut particulier au sein de l’ensemble du recueil. La traduction anglaise de Waite utilise le « thou » et non le « you » comme l’autre traduction.
    On peut se demander si la formule « Petit Albert » ne se référe pas justement à une filiation du père au fils telle qu’elle est présentée dans cette Lettre à Aristée. Signalons qu’il exista dans l’Antiquité une telle Lettre tout aussi apocryphe,probablement conue en milieu juif, dotée d’un autre contenu et adressé à un frère et non à un fils.(cf J.G. Février La date la composition et les sources de la Lettre d’Aristée à Philocrate Paris, Champion 1924 qui ne signale pas d’apocryphes et Lettre d'Aristée à Philocrate, Introduction, texte critique, traduction et notes, index complet des mots grecs par André Pelletier, éditions du Cerf, Paris, 1962)

III La comparaison entre les deux Epitres.

On se contentera ici d’un rapide survol et laissons à d’autres chercheurs le plaisir de se préter à un tel exercice.

Bien entendu, la répétition de la formule « mon fils » dans les deux cas est frappante ; citons entre autres, :

«Ton tard advenement César Nostradame mon fils (…) Encores mon fils que j’aye inséré nom de Prophéte (…) Viens à ceste heure entendre, mon fils que je trouve par mes revolutions (…) Car la misericorde de Dieu sera point dispergée, mon fils, que la plupart de mes Propheties seront accomplies » puis « faisant fin, mon fils, prends donc ce don de ton père »

Aristée entend transmettre à son fils une certaine « clé » dont le caractère médical est assez patent. Rappelons que Nostradamus était médecin et écrivit sur des sujets relatifs à la conservation de la santé (voir les dernières lignes du texte du recueil du Petit Albert (cf supra)./ « C’est de cette clé mon fils que je veux te faire mon héritier/ Mais je te conjure (…) de la tenir enfermée dans le cabinet de ton cœur et sous le sceau du silence (..) C’est une clé que nos pères nous ont si fort recommandée sous le sceau du serment’. Cette clé c’est « l’or potable et la médecine universelle » On pense à deux lettres dont une serait axée sur l’astrologie et la prophétie et l’autre sur la médecine et l’alchimie.

JHB

Paris, le 27. 03. 12.

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